GUIDE C-DRONE · 10 SEPTEMBRE 2026
Tournesol et drone : protéger le semis des pigeons, compter les capitules, prix
En 2024, la sole française de tournesol s'est stabilisée autour de 820 000 hectares, portée par la Nouvelle-Aquitaine, l'Occitanie et le Centre-Val de Loire, pour une production qu'Agreste situe autour de 1,7 million de tonnes. Sur cette culture, le danger ne vient pas de là où on l'attend : 91 % des dégâts d'oiseaux surviennent au semis et à la levée — pigeons ramiers et corvidés —, contre 2 % seulement à maturité. Voici ce qu'un drone apporte à ce moment précis du calendrier, ce que documente une étude 2026 sur le comptage automatique des capitules avant récolte, et ce qu'un vol ne remplace pas.
Publié le 10 septembre 2026, relu le 11 septembre 2026 — réglementation en vigueur en septembre 2026.
Une culture en expansion, entre semis à risque et récolte tardive
En 2024, la sole de tournesol française s'est stabilisée autour de 820 000 hectares, un niveau supérieur de 9 % à la moyenne des cinq campagnes précédentes, pour une production qu'Agreste situe autour de 1,7 million de tonnes — un chiffre révisé à la baisse en cours de campagne, des conditions humides en fin de récolte ayant pesé sur un rendement moyen retombé à environ 22 à 23 quintaux par hectare. Trois régions concentrent l'essentiel des surfaces : la Nouvelle-Aquitaine, première région productrice avec environ 242 000 hectares et une progression marquée en 2024 (+22 000 hectares, soit +9,9 %), l'Occitanie avec environ 221 000 hectares, et le Centre-Val de Loire, plus modeste avec environ 122 000 hectares mais également en croissance (+5 000 hectares).
Contrairement à une culture d'hiver, le tournesol expose sa parcelle à deux moments de vulnérabilité très éloignés dans le calendrier et de nature totalement différente : la graine tout juste semée puis la jeune plantule, entre avril et mai, et le capitule qui approche de la maturité, entre août et septembre. Le premier risque n'est ni une maladie ni un manque d'eau : ce sont les oiseaux. C'est là qu'un drone rend le service le plus immédiat sur cette culture — avant d'intervenir différemment, plus tard dans la saison, sur le suivi sanitaire et l'estimation de récolte.
Le vrai risque n'est pas la récolte : pigeons ramiers et corvidés au semis
La donnée qui structure toute la protection du tournesol tient en une statistique : selon les remontées de terrain compilées par Terres Inovia, 91 % des dégâts d'oiseaux sur cette culture surviennent lors de la phase semis-levée, contre seulement 2 % à maturité. Les colombidés — très majoritairement le pigeon ramier — sont responsables de 74 % de ces dégâts, les corvidés (corneilles noires notamment) venant en seconde position : un corvidé déterre la graine avant même la levée, parfois jusqu'à arracher la jeune tige, quand un colombidé attend l'émergence pour consommer les cotylédons ou sectionner la tige naissante. Au niveau national, plus d'un tiers des parcelles de tournesol seraient concernées chaque année.
Face à ce risque, 72 % des parcelles déclarées font l'objet d'une protection, très majoritairement par effaroucheurs — canons à gaz, ballons, silhouettes de rapace — dont le point faible documenté par la filière est l'accoutumance : un dispositif fixe, posé trop tôt ou jamais déplacé, perd son effet en quelques jours. Un survol irrégulier de la parcelle, programmé aux heures où les oiseaux se posent — tôt le matin et en fin de journée —, combine l'avantage d'une menace mobile, plus difficile à ignorer qu'un canon fixe, avec celui de ne mobiliser un télépilote que sur la fenêtre réellement sensible, les dix à quinze jours qui suivent le semis, plutôt que sur toute la campagne. Ce service se distingue nettement de notre guide sur l'effarouchement des oiseaux au vignoble et au verger : là, il s'agit de protéger un fruit mûr contre des étourneaux et des grives en fin de campagne ; ici, c'est une graine tout juste semée qu'il faut protéger de pigeons ramiers et de corvidés — calendrier, espèces et comportement totalement différents.
Une fois la phase à risque passée, la question qui se pose est : combien de pieds la parcelle a-t-elle réellement perdus ? Un comptage de levée par imagerie RGB haute résolution objective la densité réelle pied par pied plutôt que par estimation visuelle en bordure de champ : la méthode est la même que celle détaillée dans notre guide sur le comptage de levée par drone, initialement pensé pour le maïs et la betterave, et qui s'applique tout aussi bien au tournesol pour arbitrer un ressemis partiel plutôt que total.
Ce que documente la recherche : maladies et comptage des capitules
Le tournesol partage avec le colza deux pathogènes fongiques redoutés : Sclerotinia sclerotiorum, responsable de pourritures du collet, de la tige et du capitule, et le phomopsis (Diaporthe helianthi), qui provoque des chancres de tige pouvant entraîner casse et verse avant récolte. Aucune étude publiée ne porte, à notre connaissance, sur la détection par drone de ces maladies directement sur tournesol ; une étude de Cao, Liu, Guo, Kong, Zhang et He, publiée en 2018 dans la revue Sensors, a en revanche développé une méthode de détection précoce de Sclerotinia sclerotiorum sur des feuilles de colza — une culture affectée par le même pathogène — en fusionnant images thermiques, multispectrales et RGB captées par drone : la fusion améliore la précision de classification de 11,3 points par rapport à l'image thermique seule, un modèle SVM atteignant 90 % de précision pour classer la sévérité de la maladie (voir l'étude sur Google Scholar). L'étude porte sur le colza, pas le tournesol : nous la signalons comme une extrapolation fondée sur un pathogène commun aux deux cultures, à confirmer parcelle par parcelle avant d'en tirer une décision de traitement.
Le second usage, documenté celui-ci directement sur tournesol, concerne le comptage des capitules en fin de saison. Une étude de Iamchuen, Hongpradit, Puttinaovarat et Anucharn, publiée en 2026 dans Sustainability, a entraîné un modèle YOLOv11 sur des images de drone haute résolution pour détecter et compter automatiquement les capitules de tournesol, avec une précision de 0,84 et un rappel de 0,95, en vue d'une estimation de rendement avant récolte (voir l'étude sur Google Scholar). Contrairement à la référence sur le colza, celle-ci porte directement sur la culture qui nous intéresse : elle valide qu'un comptage automatique par imagerie aérienne peut approcher le rendement attendu avant l'entrée de la moissonneuse-batteuse — une information utile pour caler la date de récolte, qui dépend du brunissement du capitule et de la teneur en huile visée, et pour anticiper stockage et livraison à l'organisme collecteur.
Où voler : Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Centre-Val de Loire
Les trois grands bassins de production offrent un relief globalement plat et dégagé, favorable aussi bien à l'effarouchement au ras des parcelles qu'aux vols de cartographie : la plupart des missions isolées au-dessus d'une parcelle privée, en dehors de toute zone contrôlée, relèvent de la catégorie ouverte sans démarche préalable. Le point à vérifier avant toute campagne reste local — proximité d'un aérodrome, d'une zone militaire ou d'un site industriel selon le département — et se contrôle systématiquement sur la carte Géoportail des zones drone. Nos guides sur les missions en Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie et en Centre-Val de Loire détaillent le contexte aérien propre à chacune de ces trois régions.
Sur une exploitation qui alterne tournesol, blé et colza dans sa rotation, une même relation avec un télépilote permet de mutualiser les campagnes : notre guide sur la modulation de l'azote par drone en blé et colza détaille un service complémentaire à programmer sur les mêmes exploitations, à d'autres moments du calendrier cultural.
Prix constatés en 2026
Le tournesol se facture surtout par intervention ciblée plutôt qu'à l'hectare seul : la réactivité au bon moment — dans les jours qui suivent le semis pour l'effarouchement, juste avant la récolte pour le comptage de capitules — compte davantage que la surface. Ordres de grandeur observés en France en 2026, hors taxes :
| Prestation | Tarif constaté (HT) |
| Sortie d'effarouchement drone en semis-levée (jusqu'à 10 hectares) | 150 à 280 € |
| Forfait de surveillance rapprochée sur 10 à 15 jours (plusieurs sorties) | 500 à 900 € |
| Comptage de levée après attaque (densité de pieds, jusqu'à 15 hectares) | 220 à 400 € |
| Vol RGB haute résolution de comptage de capitules avant récolte | 280 à 500 € |
Ces montants couvrent le vol et la livraison d'un résultat exploitable sous 24 à 48 heures ; ils ne comprennent ni les moyens d'effarouchement au sol complémentaires, ni la décision agronomique de ressemis ou de date de récolte, qui restent du ressort de l'exploitant ou de son technicien de coopérative. Pour un groupement de producteurs d'un même bassin, coordonner les sorties d'effarouchement sur plusieurs parcelles voisines réduit sensiblement le coût par exploitation — une logique qui rejoint celle recommandée par la filière pour diluer la pression des oiseaux à l'échelle d'un territoire. Demandez un devis en précisant la surface, la date de semis prévue et l'objectif visé : protection au semis ou comptage avant récolte.
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